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« DANSE MACABRE »
Dossier Version 1 – (02/2007)

Demande d'aide à l'écriture à la région Poitou-Charentes et au département de la Charente (voir la lettre adressée la présidente du conseil régional, et au président du conseil général)

Sommaire :

Synopsis

Note d'intention

Introduction

Caractéristiques du projet

Les Danses Macabres, le genre

La Satire – Positionnement

Les Personnages – Descriptions

Le texte, les dialogues

La Technique et la Plastique

Scenario

Bibliographie

Webographie

 

 

 

 

SYNOPSIS

De nos jours, plusieurs personnages, représentatifs de différentes classes sociales, sont confrontés, chacun leur tour, à leur mort personnifiée. Le grand patron magnat de la finance, le politicien corrompu par les privilèges, la bourgeoise victime de la mode, la petite ouvrière-putain de Thaïlande. La manière dont chacun tentera de se soustraire, ou de se résoudre, à sa fin inéluctable, nous en dit plus sur la futilité ou le désespoir de sa condition.

 

NOTE D’INTENTION

Introduction

Je voudrais réaliser un court-métrage d’animation, en couleur, au format 16/9, d’une durée de 4 minutes (24im/sec). Ce sera une fiction. Son titre provisoire est : « Danse Macabre ».
J’entends proposer une adaptation contemporaine du genre.
Ce film adoptera le ton de la satire sociopolitique.
La technique d’animation utilisée sera celle dite des « papiers découpés en phases ».
La facture sera photo réaliste, obtenue grâce au découpage et au photo montage.
La bande son sera une composition originale.

 

Caractéristiques du projet

La courte durée du film est un de mes premiers impératifs. L’objectif est de pouvoir appréhender la réalisation en équipe très réduite, sur une période de quelques mois, et à un coût mesuré.
Je choisis un format cinématographique pour faciliter un éventuel kinéscopage. J’ai aussi besoin d’une forme de cadre allongée à l’horizontale, pour faciliter les déambulations latérales des personnages, et les mouvements de caméra qui les suivront (scrolling, travellings latéraux).
Je fais le choix de la couleur par envie de relever le défi que cela représente en soi, en animation. J’aurai besoin de finesse colorimétrique dans les décors. Je devrai travailler les teintes de la décomposition des chairs, la carnation des morts.
Le choix de l’animation est cohérent au vu de ma pratique de création antérieure. Il répond à ma tentative de développer un cinéma plastique, fabriqué de toute pièce, contrôlé dans les moindres détails.

 

Les Danses Macabres, le genre haut / bas

Origines et évolution :
Dans un souci de simplicité et de clarté, je reprends ici directement la synthèse d'André Corvisier  :

« L’irruption en 1348 de la peste noire qui apparaît comme le triomphe de la mort de masse suscite une dramatisation puis une médiatisation de la prédication lentement élaborée visant à préparer les âmes au jugement de Dieu par le mépris des biens de ce monde et par la représentation réaliste des cadavres. Le thème de la danse des morts prend place au milieu d’une véritable « invasion macabre » qui s’exprime dans la littérature et l’iconographie, se répand notamment sous la forme de fresques dans le décor de la cité et pénètre jusque dans la vie intime, entre 1450 et 1550. L’Humanisme, la Renaissance et la Réforme, sauf en pays calviniste, ne l’arrêteront pas.
De grands artistes comme Holbein y contribuent, mais avec eux la danse macabre connaît une perte d’âme. L’esthétique tend à l’emporter sur la spiritualité. Déchue puis condamnée en France où la pensée de la mort prend la forme plus discrète des Vanités, la danse inspire encore dans les pays germaniques des œuvres originales adaptées au goût du jour, mais confinées dans les cimetières. Le romantisme suscite un certain réveil du macabre chez les poètes et artistes et un intérêt archéologique chez les historiens. Les hécatombes des deux guerres mondiales offrent à bien des graveurs l’occasion de défoulements réalistes, oniriques, ou caricaturaux militants. » (André Corvisier, conclusion du livre « Les danses macabres », collection « Que sais-je »)

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Simone Baschenis, Église St-Vigile, Pinzolo, Italie, 1539 & "Danse macabre, miroer salutaire pour toutes gens", éditeur : Guyot Marchant, Paris, 1486

Définition, contenu :
Extrait de l'ouvrage de référence, de Héléne et Bertrand Utzinger :

"Nous estimons - faute sans doute de meilleures informations - que la première danse complète, élaborée, fût réalisée en 1424 à Paris, au charnier des Saints-Innocents ; il y en eut une multitude d'autres en Europe dans les siècles suivants. Beaucoup ont disparu.

Ainsi, 1424 ne marque pas une limite à la Danse macabre, et encore moins un arrêt ; en cette année, la "fleur" Danse macabre éclôt, et nous allons la voir s'épanouir et porter des fruits.

Il s'agit de Danses peintes dans les églises, les couvents et les cimetières ; il s'agit de Danses gravées et éditées pour l'enseignement populaire ; il s'agit d'enluminures peintes sur les livres d'Heures ; il s'agit enfin de représentations scéniques ou de gravures sur meubles ou petits objets. C'est dans le même temps que se développent de nombreux sujets plus ou moins proches des Danses.

Donnons une définition issue du charnier des Saints-Innocents : la Danse macabre est une suite hiérarchique de personnages entraînés par des morts, ceux-ci étant figurés de façon plus ou moins squelettique, accompagnant chacun d'entre eux. Un texte, présent ou non actuellement, prête des paroles, et au mort, et à sa victime, constituant donc habituellement un dialogue." (« Itinéraires des Danses macabres », Hélène et Bertrand Utzinger, éditions Jean-Michel Garnier)

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Michael Wohlgemut, Chronique de Nuremberg, Allemagne, 1493 & Bernt Notke, Totentanz de Reval-Tallinn, Estonie,dernier quart du 15ème siècle

Caractéristiques du message :

Pour résumer, on peut dire que les principales caractéristiques du message des Danses sont l'égalité dans la mort (qui représente une satire morale), la satire sociale, et l'ironie.

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Vincent de Kastav, eglise Sainte-Marie, Beram, Croatie, 1474 & Henri Knoblochtzer, "Der TotenTanz mit figuren", Heidelberg, Allemagne, 1486

La Satire – Positionnement – Voies de développement haut / bas

Ce qui m’a plu d’emblée dans le sujet de la danse macabre, c’est la mise en scène d’une galerie de personnages représentatifs des classes sociales (structure qui prévalait pour « Moneytitude » 2001, mon film de fin d’études),  ajouté à l’aspect critique et satirique du genre.
Mais le but de la satire sociale des danses macabres originelles n’était pas de remettre en cause l’ordre social et les fondements de la société. Dans un esprit de dépendance/connivence avec les puissants, elle ne faisait aucun écho des troubles sociaux de l’époque. L’objectif était de pousser les riches à la charité, de favoriser les dons.
Dans la mesure où mon idée est d’amener une critique véhémente des inégalités sociales, je prends donc, déjà, une distance dans mon effort d’adaptation. De par mon approche profane et athée, un détachement est aussi nécessaire par rapport au message religieux (bien que le discours originel des Danses, au fond, soit véritablement athée).
Néanmoins, je reste séduit par l’aspect « sermon moralisateur », des poèmes originaux. Même en écartant les principaux aspects religieux chrétiens, caractérisés par la menace du jugement dernier, la promesse d’une résurrection (idée absente de l'iconographie macabre mais dont la filiation avec la décomposition reste très directe), et la foi en une vie éternelle,  il reste la morale philosophique : la haute futilité des richesses et des pouvoirs qui ne sont que vanités, le Memento Mori, la leçon d’égalité devant la mort.
J’entends en effet donner un poids philosophique au film derrière un aspect léger et comique. Mais je prends alors le risque d’être trop moralisateur au premier degré. Je dois trouver un moyen d’amener du deuxième degré, plus de dérision qu’en mettant en scène des caricatures, même bien vues.

Dans ce sens, je pense que mon travail d’adaptation/actualisation, consistera à reprendre la structure narrative de la danse macabre, et à mettre le genre et ses codes au service d’une critique actuelle, plus ouverte. Je voudrais proposer une danse macabre « mondialisée », au service d’un propos anti mondialiste. Riches/Pauvres, Occident/Tiers Monde, inégaux devant le capital, égaux devant la mort.

Je dois donc mettre en évidence les liens relationnels des personnages et de leur classe, pour les souder, d’un point de vue narratif, entre eux : interdépendance, connivence, exploitation, soumission…Le choix de l'ordre d'apparition des personnages devra aussi avoir sa pertinence et déterminera le découpage du scénario (d'emblée je pense respecter l'ordre originel, qui est descendant suivant l'importance sociale et le niveaux de richesse des personnages, pour ensuite remonter quand arrive le moment du trepas pour chacun, et finir par la mort du patron).

De plus, j'entends aussi casser cet aspect figé et les réactions de résignation des personnages, dues (en se replaçant dans le contexte) à l’accoutumance au spectacle des morts, l’abandon à la grâce divine, la résolution à vivre en bon chrétien. Je voudrais plutôt mettre en scène des personnages contemporains qui vivent dans notre société, où la mort est tabou, frappée d’interdit, cachée, et où la pensée de la mort est écartée (Ce qui moi me motive à la mettre au premier plan). Je veux donc rester dans ce rapport particulier où le mort emmène le vivant dans la Danse sous la contrainte, mais montrer le vivant en résistance, sous le joug de sentiments mêlés de refus, d'horreur et d'hystérie, jusqu’au bout. Ce qui les conduirait tous, sauf une, à mourir d’une mort douloureuse. (J'explique plus bas l’exception ouvrière/prostituée). Elisabeth Kübler-Ross a pu mettre en évidence les cinq attitudes face à la mort : le refus, la colère, le marchandage, la dépression et l’acceptation. On peut envisager que seul le personnage de l'ouvrière ira jusqu'à l'acceptation.
 Ce sont aussi des personnages qui sont sous le joug d’une pensée unique, et qui n’envisagent pas d’alternatives à leur mode de vie actuel. Ils sont donc dans le déni total vis-à-vis des accusations et des reproches faits à leur encontre par les morts, et notamment au sujet des choses et biens terrestres. Il faudra bien appuyer le fait que l’argent, la consommation, la possession, sont considérés, aujourd'hui, uniquement comme une fin en soi. On peut opposer à ce sujet l'attitude matérialiste contemporaine au matérialisme au sens médiéval, duquel découlait un comportement différent devant la mort.

 

 

Les Personnages – Descriptions – Types de Relations qui les unissent haut / bas

Patron
55 ans
Vit dans la capitale.
Richissime. Niveau de vie très élevé.

Trône en maître au sommet de son building. Surveille ses comptes et ses actions sur ses trois écrans branchés sur les cours de bourse, en passant des coups de fil.
Chantre de la mondialisation et du libéralisme déréglementé « sans foi ni loi ». Au service de l’actionnariat.
Voit dans chaque individu un consommateur.
Prône la gouvernance politique.
Winner du management
Evergète : légitime sa fortune démesurée, se donne une vertu en fondant hôpital ou musée d’art contemporain.

Pour le langage ou le vocabulaire utilisé dans son dialogue avec la mort  : référence au livre de compte/bilan des actifs et des passifs, termes specifiques à la finance.

Politicien
60 ans
Vit dans la capitale.
Gros patrimoine immobilier et financier.

Voyage de son gigantesque appartement parisien aux salons de l’assemblée en grosse limousine de luxe.
Corrompu par les privilèges, les honneurs, et les affaires illicites. Cumule mandats et postes honorifiques.
Sourd aux préoccupations de la population.
Adepte de la langue de bois.
Se croît intouchable.
Esclave de la gouvernance. Instigateur, et au service, du libéralisme, de la mondialisation économique.

Vocabulaire du dialogue qui reprend des poncifs de la langue de bois politicienne.

Bourgeoise/Consommatrice
50 ans
Vit dans le centre d’une grosse ville de province.
Aisance financière sans travailler.

Repousse le plus possible la vieillesse et les signes de vieillesse > obsession de paraître jeune.
Victime du consumérisme et de la mode.
Grande consommatrice de chirurgie esthétique (lifting, liposuccion, silicone, collagène) et de produits de beauté (crèmes, maquillage).Adepte du fitness.

Parle en utilisant trois noms de marques par phrases. Références constantes à la cosmétique, les apparences esthétiques.

Ouvrière/Prostituée
16 ans
Vit dans une misère noire, dans un bidonville en Thaïlande.
Ne possède rien.

Esclave le jour dans une usine Nike, prostituée la nuit dans un bordel pour touristes occidentaux.
Sans fard.
Rapport simple à la mort, vécue presque au quotidien. Ses parents sont morts dans le tsunami, elle les a vus pourris.

C'est elle qui sera le moins sollicitée physiquement par son mort.

Vocabulaire simple, populaire, sans effets.

 

> Les cadavres

Ils sont quatre morts (+le DJ), homologues des humains. Leurs corps sont en décompostion (c'est le propre de l'art macabre) plus ou moins avancée, ce qui n'entâment pas leur vivacité. Leur aspect doit être répugnant pour frapper les esprit, provoquer l'effroi. Dans ce sens, je voudrais pousser les détails de pourriture, les textures et les teintes qui font la particularité de la chair en putréfaction.

> Les objets, les détails _ importance des objets_ poids des symboles

Objets/symboles attributs des fonctions des vivants.

Objets/symboles attributs des morts : Livre, cercueil, pelle, flèches, crânes.

Animaux répugnants pour figurer la pourriture. Chancres, insectes, scorpions, batraciens, serpents, rats, qui gravitent autour des morts. ("Itinéraires..." p.268) Serpents et vers dans les entrailles de morts.

 

Le texte, les dialogues  haut / bas


Dans les ouvrages de grandes diffusion et dans les fresques, l'utilisation de proverbes ou de sentences en forme de proverbes, qui servaient le sermon, était généralisée. Ils facilitaient la médiatisation du message, dans un souci d’adaptation en langue vulgaire accessible au peuple.
J’ai le même souci : toucher un public populaire et faire rire. Donc je dois chercher à être inventif au niveau des langages et leur vocabulaire, pour retrouver une poésie et du comique. Je voudrais proposer un argot/dialecte contemporain propre à chaque classe qui serviraient la caricature.

Il serait peut-être intéressant, soit d'inventer des proverbes ou des sentences, soit de reprendre ou d'arranger et/ou modifier des existants.

Même si on est sur une durée très courte (peu de temps pour développer), le film aura besoin de subtilité et de finesse dans les dialogues et les attitudes :  à l’origine dans les poèmes, le mort feint de plaindre, semble prêter des regrets, joue de l’ironie.

 

La Technique et la Plastique  haut / bas

Aspect général, facture :
Le film aura une facture entièrement photo-réaliste, obtenue grâce au découpage et au photo montage/collage. Je voudrais axer le plus possible ma démarche de fabrication sur la récupération et le sampling d'éléments pré-existants, et ne faire des prises de vues que pour les têtes et les mains des personnages. Cela n'exclut pas non plus l'addition ponctuelles de matières picturales, faites à la main, au prélable. Le mélange libre, mais homogène, qui est obtenu, avec son rendu pseudo-réaliste, qui empreinte au mondes de la peinture, de la bande dessinée, et du cinema, peut créer un effet vraiment troublant, percutant. Je veux donc continuer à développer ce qui fait ma particularité plastique, et proposer un traitement original conçu avec des outils contemporains, mais qui s'inscrit dans une filiation historique de la satire.

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Moneytitude, 2001, E.S.I. Poitiers & Fachiserie, 2007, JSBC Paris

Concernant mes influences :

Georges Grosz (« Ecce Homo ») et Otto Dix sont mes références premières pour la satire dessinée, mais aussi pour leur positionnement politique, leur engagement vis à vis des futilités de la classe bourgeoise, leurs critiques des vanités :

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Otto Dix & Georges Grosz

John Heartfield est pour moi une référence incontournable dans la mesure où il a donné ses lettres de noblesse au photo montage moderne, dans une démarche dictée par un engagement politique anti-totalitarisme très fort.

Fredox , dans une approche plus surréaliste/déjantée, est un de ses dignes héritiers, de par ses compositions puissantes et sa verve anti-conformiste, sa volonté de donner à voir des objets perturbateurs. (« Les Dossiers noirs de l’histoire » 2001, le Dernier Cri ) De plus son obsession pour les mutilations, les maladies, les verrues, pustules, purulences et autres trucs dégueulasses, rendent aujourd'hui ses oeuvres encore plus intéréssantes à mes yeux.

Pierre la Police, avec son anti-clerical « La parole de vie », et « La balançoire de Plasma » avec Jean Lecointre, propose un univers de dérision, décalé, non-politiquement correct, construit en partie avec des éléments de récupération.

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Fredox & John Heartfield

Les personnages :
Le photo montage permet aussi (en gardant un rendu à tendance réaliste), d'accentuer les disgrâces physiques, les déformations et les disproportions propres au genre de la caricature, toujours dans le but de forcer la dérision. De plus, les papiers découpés, qui contraignent les personnages dans des mouvements en deux dimensions, ont l'avantage de servir le grotesque, le ridicule. C'est un carcan formel qui est une bonne analogie de celui dans lequel sont enfermés les personnages, prisonniers d'une société au mode de vie unique. J'entends fabriquer un seul pantin (avec son jeu d'expressions et ses différentes phases) pour chaque personnage, c'est à dire qu'il sera vu tout du long sous le même angle : entre le profil et le 3/4.

Le mode de représentation originel est simple (la place du spectateur, le point de vue unique). Lui rester fidèle me permet donc de respecter mes choix premiers d'économie pour la fabrication des éléments, et de rationalité pour le temps de réalisation court, tout en proposant une prise de parti pronnoncée, de mise en place et de compositions. Cela me permettra aussi de concentrer mon effort sur la plastique des personnages et des décors, et sur l'animation (En ne disposant des personnages que sous un seul angle, je pourrai néanmoins essayer d'avoir plus de controle sur la gestuelle, la chorégraphie).

 

Les décors :
Pour chaque personnage sera conçu un tableau représentatif de son environnement personnel/professionnel, son contexte quotidien, qui aidera à le situer et le caractériser. Hans holbein avait bien compris, en concevant sa participation au genre "Les Simulacres de la mort" (1524) , que pour appuyer la caricature, et renforcer le vérisme de ses mises en situation, les personnages devaient être pris dans leur environnement familier. C'est ce qui a donné autant de force et de pertinence à sa proposition de Danse macabre.

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Hans Holbein, "Les simulacres et historiées faces de la mort", L'homme riche & Le marchand, réalisé en 1524, publié en 1538 à Lyon

Dans la même idée que celle développée plus haut, je voudrais proposer des décors, pour la mise en scène des personnages et de leurs déambulations, qui reprennent le modèle des fresques, qui jouait sur la longueur et l'horizontalité. Ce n'est pas sans rappeler aussi les dispositions physiques basiques propres au théâtre, où presque tout se produit au premier plan, de manière frontale, et dans un cadre artificiel et caricatural. J'entends aussi donner de l'importance aux arrières-plans et à la profondeur de champs, qui rappellera ces scènes d'intérieur avec de larges ouvertures sur l'extérieur, de la peinture italienne de la Renaissance. Les personnages et l'architecture de leur décor (ou un élément d'architecture pour les scènes extérieures), seront au 1er et 2ème plan, puis, par des ouvertures, on pourra apprécier la profondeur des paysages, les extérieurs, fuites pour l'oeil. Seront aussi présent des éléments d'avant-plan, tels que piliers, poteaux, colonnades.

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Jérome Bosch, "Adoration of the Child" & Sandro BOTTICELLI, "Cestello Annunciation", 1489-90, "Adoration des mages", 1481-82 & Giovanni BELLINI "Madonna and Child", 1480-90

Je vois donc le film comme un grand travelling latéral (avec un léger jeu de différentiels entre les premiers plans et les paysages extérieurs, plus lointains), qui fera défiler quatre décors, de longueurs égales, acollés les uns aux autres. Les jonctions/transitions entre les espaces, la façon dont ils s'enchaîneront, sont à refléchir. Soit par des formes décoratives, des clés d'incrustations, dont le motif en mouvement, de par son choix, viendrait rajouter du sens. Soit par l'apparition du mort DJ (voir plus bas), posté en avant plan, très proche du spectateur, de telle sorte qu'ils occulterait le passage d'un décor à un autre. La frontalité n'excluera pas les recadrages, soit en cut sur le principe du raccord dans l'axe, soit en zooms, à vitesses variables, pour appuyer la dramaturgie d'un moment particulier.

Pour apporter une pointe d'onirisme et de la profondeur au propos, les arrières-plans ou ciels seront changeants, et verront s'incruster des motifs, illustrations de notions abstraites, symboliques, qui viendront appuyer le dialogue . Je fais ici référence à un procédé/ressort narratif beaucoup utilisé en BD ou au cinéma : les cieux portent un souvenir, un flash-back, l'illustration d'un récit dans le récit ; un bulle nuageuse donne à voir une pensée, un phantasme. Je pense aussi (là dans un lien plus direct avec le sujet) aux représentations chrétiennes, à travers les siècles, du jugement dernier, des élévations, des tableaux présentant le ciel et la terre, ici-bas le materiel tangible mortel, là haut le monde spirituel, les âmes éternelles, les saints, la trinité.

Voir des exemples de décors, pour des travaux précédents :

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Fachiserie, 2007, JSBC Paris

La Musique – Le Son :
La Musique enmènera tout, rythmera l’action et le texte. Elle jouera un rôle de première importance, et devra vraiment être considérée comme le pivot autour duquel s'articule le film.

A l'origine, les morts musiciens, complices de ceux qui enmènent les vivants, créent la bande son. Les reproductions en gravures de la fresque des Saints Innocents, sont introduites avec quatre morts musiciens. Pour rester dans mon projet d'actualisation et d'adaptation contemporaine, je me vois tout à fait confier la bande sonore de la danse à un mort DJ, aux platines. Ce mort musicien version XXIème siècle, dérrière ses deux platines et sa table de mixage, pourrait, de manière puissante et charismatique, ocupper grâce à son set, le rôle de maître de cérémonie, omniprésent par des apparitions récurrentes. Il remplacera aussi, avantageusement, un groupe plus classique, de musiciens plus nombreux.

J'imagine un tempo soutenu, dansant (évidement), de musique actuelle, qui sonnera comme un mix d'électro Break-Beat et de Hip-Hop, genre revendicatoire par excellence, des faibles envers les puissants, des minorités contre le pouvoir. J'imagine aussi un mariage de phases dissonnantes, des sons grinçants, plutôt aggressifs, avec des sons ludiques, un peu grotesques, décalés, pour appuyer le comique, la dérision, la moquerie. L'ensemble aurait donc plus à voir avec la mouvance HipHop mentale/HardCore, qu'avec le R'nB. Le morceau unique, qui couvrira tout le film, devra être progressif, et appuyer les transitions, porter la structure dynamique et dramatique du film. Dans ce sens, j'envisage de le concevoir comme un mix homogène, aux consonnances "live", enchaînant les différentes ambiances propres aux différents milieux décrits. Il utilisera donc les effets réthoriques propres aux genre : passe/passe, cuts, scratchs, etc... (Des scratchs sur les trompettes du jugement dernier... Extra !)

 

 

L’Animation :
La dynamique générale sera très cadencée, avec un travail sur le rythme qui sera imposé par la musique. J'imagine des actions rapides, très expressives, en accord avec les réactions hystériques de la plupart des personnages.

D’un point de vue formel, la pertinence de l’adaptation en animation peut résider dans la transposition dynamique gestuelle et chorégraphique, d’images traditionnellement  fixes. Les positions et attitudes « types » (notamment pour les morts) pouvant servir de références pour choisir les bonnes étapes clés. exemple (1) & (2).

 

 

SCENARIOhaut / bas

Embryon de trame

Je n'ai imaginé pour l'instant qu'une trame très simple, constitué de deux phases, articulées autour de la scène de l'ouvrière, qu'on doit voir comme un break, une pause:

Phase descendante :

Patron>Politique>Bourgeoise>Ouvrière=scène tampon au niveau du rythme.

Phase ascendante :

Mort de l'ouvrière > Mort de la bourgeoise > Mort du politique > Mort du patron.

 

 

 

Bibliographie

« Les danses macabres », André Corvisier, collection « Que sais-je ? »
« L’homme devant la mort », T1&2, Philippe Aries, éditions du Seuil
« Itinéraires des Danses macabres », Hélène et Bertrand Utzinger, éditions Jean-Michel Garnier
«Splendeur et rayonnement du Moyen-Age», présenté par Marcel Brion de l'académie française, Directeur de l'ouvrage Joan Evans, éditions Pygmalion/Gérard Watelet

« A bas la calotte », G. Doizy – J.B. Lalaux, éditions Alternatives

« Ecce Homo » Georges Grosz, Grove Press, Inc. New York

« Dix » Eva Karsher, Taschen

« Otto Dix : Dessins d'une guerre à l'autre » Gallimard

« Montage : John Heartfield. Vom Dada zur arbeiter-illustrierten zeitung » Eckard Siepmann, Elefanten press

« Photo montage» Dawn Ades, Pantheon Books, New York
livre Heartfield

« Les Dossiers Noirs de l’Histoire » FREDOX, le Dernier Cri

« La balançoire de Plasma » Pierre la Police & Jean Lecointre, éditions Cornelius


Webographie

http://visualiseur.bnf.fr > L'édition de Guyot Marchant à la BNF

http://www.mediatheque-agglo-troyes.fr/bmtroyes/_/feuilletoir/index.html > La médiathèque de Troyes

http://www.inlibroveritas.net/lire/oeuvre7951.html > Une transcription plus ou moins fidèle des textes originaux

http://www.lamortdanslart.com > Un très bon site référence français

http://www.dodedans.com > Son équivalent en qualité et en sérieux, en anglais

Grande dance macabre des hommes et des femmes: Early Visual Media - Troyes - Guyot Marchant > Interressant mais fouilli
 
danses.pdf (Objet application/pdf) > Une brochure synthétique
 
La Danse macabre au cimetière des Saints-Innocents - 1424 - II -L'égalité dans la Mort - Partie II
 
 
WIKIPEDIA
Niklaus Manuel - Wikipedia
Matthäus Merian - Wikipédia
Totentanz - Wikipedia
Danse macabre (christianisme) - Wikipédia
La Ferté-Loupière - Wikipédia
Dit des trois morts et des trois vifs - Wikipédia
1348 - Wikipédia
Harald Naegeli - Wikipedia

SITES / FRESQUES CONSERVEES

Abbaye de la Chaise-dieu

FERTE LOUPERE http://sombre.lunatique.free.fr/LLM/dansemacabre/gal

GERMANOPHONE
Danse macabre
Harald Naegeli Beschreibung in Library - Definition und Buch-Tipp.
Harald Naegeli - Der Sprayer von Zürich
RootZ Bilder - Harald Naegeli: Ich mach' in Fresco - Ein Gespräch mit Harald Naegeli, dem Züricher Sprayer
JSTOR: Revue de musicologie: T. 67e, No. 2e (1981), pp. 251-253
Totentanz von Niklaus Manuel
Verzeichnis

Imago Mundi - Danse des morts.
Dictionnaire des oeuvres : les arts.
Netlex News » Blog Archive » Dance of death (Totentanz - Danse macabre) by Hans Holbein

Manuel NIKLAUS

Niklaus Manuel UNIPRESS 100 - "... aller Wällt Figur ..."
Niklaus Manuel animation des originalzustands beitrag 11
 
Hans HOLBEIN
 
Hans Holbeins Totentanz - Recherche Google
 

BRUEGEL

Le Triomphe de la mort de Bruegel

Découvrir Bruegel

Rowlandson
 
Danse macabre Hugues.Leblanc Gothic Death
 
Alfred Rethel (1816-1859)
MARCEL ROUX

Musée Marcel ROUX : Suite II
Marcel Roux
La danse macabre

Tomi Ungerer

Web Gallery of Art, image collection, virtual museum, searchable database of European fine arts (1100-1850)

 

MOURIR_MORT

Zoltan Popovics, ""Mourir sans mort" Blanchot et Bataille sur la mort"(Introduction. A paraître. Reproduction interdite.) - Site Maurice Blanchot et ses contemporains
Les définitions de la mort
Centre d'Étude des Expériences de Mort Imminente
De la MORT à l’IMMORTALITE, conduis-moi !
Philippe ariès
Philippe ariès
UNIPRESS - Heft 118
Deleuze: Leibniz: 24/02/1987
Decomposition: Black putrefaction - 10 to 20 days after death
 
Welcome to Death - the last taboo
 
Entomologie forensique en Suisse-page 19.htm
 
Datation des cadavres - Wikipédia
Mort - Wikipédia
Mort (homonymie) - Wikipédia
La mort
 
 
 
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MACABRE

Généalogie des Vanités

La Nef des Fous - La Danse Macabre [Forum - Civilisation]

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